Les ingrédients utilisés pour la fabrication traditionnelle japonaise de l’encens ont peu changé à travers les siècles. Certains ingrédients comme le musc et l’ambre gris ne sont plus utilisés aujourd’hui, mais l’utilisation des autres ingrédients s’est plus ou moins perpetuée. La qualité et la technique d’élaboration ne doivent pas être baclées, elles sont primordiales. Les ingrédients sont nombreux, comme : la kyara, le bois de santal indien, le camphre de Bornéo, la cannelle, le clou de girofle etc...
Clou de girofle
Le clou de girofle est un ingrédient important pour l’encens japonais. Il est reconnu pour ses propriétés très stimulantes et rafraîchissantes.
Clou de girofle est le nom commun pour désigner l’arbre tropical Syzygium aromaticum qui appartient à la famille des Myrtaceae. Le giroflier provient de la province des Moluques du Nord (Indonésie). Les Hollandais le plantèrent dans un grand nombre d’îles, il fut ensuite introduit à Zanzibar et à Madagascar.
Le giroflier est un arbre au feuillage persistant dont les fleurs sont petites et blanches et donnent des grappes. Les bourgeons sont rassemblés puis séchés. On utilise les clous de girofle dans la fameuse sauce Worcester mais aussi en tant qu’épice.
Les clous sont reconnus pour leurs propriétés antiseptiques et sont utilisés comme conservateurs dans les bocaux à cornichons, entre autres. Au temps de la civilisation ancienne chinoise, on mâchait des clous avant de s’entretenir avec l’empereur afin d’adoucir l’haleine. Les clous et « l’huile de clou » ont également été utilisés comme lèger anesthésiant pour soulager le mal de dents. Il pourrait s’agir de l’antiseptique naturel numéro 1 !
Le bois d’aloès
L’Aquilaria malaccensis est un arbre aux feuilles persistantes qui atteint environ 40 mètres et dont le tronc fait jusqu’à 60 centimètres de diamètre. Il est originaire du nord de l’Inde, du Laos, du Cambodge, de Malaisie, de l’Indonesie et du Vietnam. L’arbre est souvent infecté par un champignon et produit alors une résine aromatique qu’on appelle le bois d’aloès, bois d’agar ou bois d’Oud. Cette résine fut utilisée par les médecins traditionnels chinois, unanai, ayurvédiques et tibétains. L’arbre crée la rétine pour se défendre contre la Phialophora parasitica, champignon ou moisissure parasite.
L’attaque du champignon active le système immunitaire de l’arbre, on appelle cette réaction « gélose #1 ». Lorsque l’arbre Aquilaria est atteint, il fabrique une couche inférieure de résine. On appelle cette réaction « gélose #2 ».
A cause des champignons et du procédé de décomposition, l’arbre continue à fabriquer une résine très riche et très sombre pour protéger son cœur. C’est cette résine est celle qui convient le mieux à la fabrication de l’encens japonais raffiné. Créée en réponse immunitaire, cette résine offre l’huile la plus sacrée de la planète. Comme vous pouvez le constater, le bois est très rare, souvent difficile à se procurer et très cher. Kyara est le bois de meilleure qualité. Il en existe de 4 sortes : vert, fer, violet et noir.
Il existe un grand nombre de récits qui racontent l’histoire selon laquelle du bois d’aloès brûlerait sous terre depuis des centaines d’années. Cette légende provient d’un vieux livre chinois qui parle de l’encens. Mais aujourd’hui, la majeure partie du bois d’aloès provient d’arbre contaminés qui, sur le déclin et mourants, tiennent pourtant toujours debout. Il arrive parfois que les racines soient elles-aussi contaminées par le champignon, et qu’on extraie donc également la résine de sous la terre.
On raconte que le célèbre arbre d’aloès qu’on appelle Ranjatai fut présenté par l’empereur Komyo au temple Todaiji à Nara, au Japon, en l’an 756 (il y a 1244 ans). Ranjatai fut conservé dans la réserve Shosoin du temple Todaiji. Aujourd’hui Ranjatai appartient à la famille royale du Japon. Chaque automne, plusieurs trésors du Shosoin sont exposés au musée national de Nara dans une exposition appelée Shosoin Ten. On peut y admirer Ranjatai tous les 10 ou 15 ans. Parce que le Shosoin renferme beaucoup de trésors, l’exposition change chaque année. La dernière fois que Ranjatai fut exposé, c’était il y a 4 ans. Peut-être devrons -nous attendre encore 10 ans avant d’avoir l’occasion de le revoir. Grâce au spécialiste japonais du bois d’aloès, le docteur Yoneda, de l’université d’Osaka, on sait maintenant que Ranjatai vient du Laos ou du Vietnam .
Le bois d’aloès est un ingrédient de l’encens japonais très apprécié. Il est souvent utilisé dans les recettes médicinales tibétaines de l’encens tibétain.




















