Le patchouli
C’est le favori de beaucoup de gens, il n’est devancé que par le cassier. Les mélanges qui contiennent en grande quantié à la fois du cassia et du patchouli sont les plus appréciés.
Il y a environ quatre-vingts variétés de patchouli en Afrique du Sud-Est. Il commença à ête apprécié en Occident vers 1844, lorsque les premières feuilles sêchées arrivèrent à Londres. Auparavant, c’était un parfum bien connu dans les textiles indiens partout en Europe. On l’utilise comme insecticide et comme parfum. C’est une note de base qui entre dans plusieurs parfums célèbres, pour hommes et pour femmes.
Il poussait déjà en Chine il y a presque 2000 ans et était utilisé pour parfumer l’encre (voir Prosea, v 39). Aujourd’hui, on l’utilise couramment dans les cigarettes pour compenser un déficit de goût dû au taux réduit en goudron. Un patchouli de bonne qualité gardera ses notes les plus douces sur un buvard à parfum pendant des mois.
Les feuilles sont partiellement sêchées, empilées et empaquetées de façon à éviter une petite fermentation, à la fois pour les huiles essentielles et l’utilisation dans l’encens.
Le patchouli est considéré comme antibactérien et relaxant dans plusiseurs pratiques de médecine traditionnelle. Il a été utilisé en MCT (Médecine Traditionnelle Chinoise) pour équlibrer le Qi. La FDA a approuvé son usage alimentaire sous le N° 172.510 et il est généralement reconnu comme sans risque (GRAS N° 238). En tant qu’ ingrédient de parfum, la concentration de l’huile est la plupart du temps inférieure à 2ppm.
L’huile de patchouli est fréquemment dénaturée avec du Gurjun Balsam pendant la distillation (Christopher McMahon). Plus communément, on distille et on vend une espèce inférieure (P. heyneanus). Souvent cette espèce circule comme contrefaçon : elle est commercialisée dans les pharmacies sous l’étiquette P. cablin.
Le bois de santal
Une inscription bouddhique ancienne affirme « Nulle part ailleurs que dans les montagnes Mali on ne trouve de bois de santal… » Moho Chi Kuan – Chih-i. Le bois de santral est l’un des composants les plus anciens de l’encens, on l’utilise depuis au moins 4000 ans. C’est un ingrédient très important de l’encens japonais, pour les recettes traditionnellles comme pour les modernes.
Aujourd’hui, les forêts du Mysore sont pratiquement épuisées et la croissance des arbres qui restent n’est pas suffisamment avancée pour produire un bois de santal de qualité ou de l’huile de bois de santal. Selon moi, la meilleure qualité de bois de santal provient du Tamil Nadu, là où l’on peut trouver le plus d’arbres adultes.
Le santal, arbre connu en botanique sous le nom de Santalum Album, appartient à la famille des Santalacées. Il pousse presque exclusivement dans les forêts du Karnataka, puis au Tamil Nadu , au Kerala et dans l’état d’Andhra Pradesh, aux îles Timor d’Indonésie etc…L’arbre fait environ 10 à 15 m de haut. Il atteint sa pleine maturité en 60 à 80 ans, c'est-à-dire lorsque le cœur du tronc mince a atteint la teneur en huile la plus haute. Au cours de la croissance de l’arbre, l’huile essentielle se développe dans les racines et le cœur, ce qui demande au moins 15 à 20 ans. La pleine maturité est atteinte vers 60 à 80 ans. La partie centrale du cœur sombre se développe graduellement et est recouverte de bois de sève à l’extérieur. L’arbre de bois de santal n’est jamais abattu, il est déraciné à la saison des pluies, au moment où les racines sont le plus riches en huile essentielle si précieuse. Le Vietnam et la Nouvelle Calédonie possèdent des plantations de bois de santal authenthique bien contrôlées. La meilleure qualité d’huile vient de la province indienne de Mysore et du Tamil Nadu où la récolte des arbres de bois de santal est protégée par le gouvernement de l’état. L’arbre de bois de santal est résistant et semble apparaître à des endroits où on ne l’avait jamais vu auparavant. Mais tous les efforts humains pour le répandre et accélérer la croissance de l’espèce n’ont abouti qu’au déclin des plantations. « Il est manifeste qu’il résiste à toute manipulation ! » (source : Christopher Mc Mahon).




















