Galangal
Il ne faut pas confondre San na avec Gao Liang Jiang ou Rhizoma Alpiniae Officinari (petit Galangal) ou sa cousine Alpinia Galangal (Grand Galangal). Au Sri Lanka il est utilisé dans la confection de quelques plats exceptionnels comme le célèbre Biriani festif et dans les curries de porc. Dans la cuisine thaï, on l’utilise dans beaucoup de curries de poisson.
En Indonésie, le rhizome est administré contre les empoisonnements alimentaires, le tétanos, les ulcères buccaux, la toux, les refroidissements. Mâché et avalé, il constitue, dit-on, un hallucinogène sans effets nocifs répertoriés.
Galangal était une des plantes favorites d’Aleister Crowley, l’occultiste anglais et l’abbesse Hildegard von Bingen mentionne Galangal dans son livre « science naturelle » écrit aux alentours de 1200. C’est aussi une herbe primordiale dans les médecines aussi bien ayurvédique que tibétaine. Mais on ne sait pas clairement à quoi galangal était employé. Il est tout à fait possible que des variétés aient souvent été confondues comme nous l’avons vu avec d’autres plantes comme Jatamansi et Valeriana Wallichi. Autrefois, les médecins utilisaient habituellement ce qui était disponible autour d’eux et les commerçants ont pu faire facilement des substitutions et même des dilutions. C’est la même chose de nos jours : les cassiers et les cannelles sont souvent dilués avec des coques de pécan pour augmenter les profits. Ce qui faisait peut-être la différence entre un excellent médecin et un médecin médiocre c’était leur capacité à distinguer avec précision les plantes.
On appelle quelques fois à tort Kaempferia galanga “petit galangal”, qui est aussi un rhizome de la famille des Zingiberaceae. Les feuilles touffues peuvent atteindre, dans de bonnes conditions, 15cm de haut. La plante porte des fleurs, petites, fragiles, semblables à des orchidées, blanches avec un labelle violet, odorantes mais très éphémères puisqu’elles disparaissent au bout de quelques heures.
Brûlées comme encens, on pense qu’il accroît l’énergie, soulage l’épuisement, la mélancolie et la tristesse. Beaucoup de recettes tibétaines d’encens incluent le galangal, notamment celles qui stimulent la vigilance, combattent l’épuisement, réduisent la fièvre et soignent les indigestions.
Comme le galangal fait partie de la famille du gingembre ou des Zingiberaceae, on peut le confondre avec le curcuma. Il est certain que le galangal est un élèment primordial de l’encens dans un grand nombre de traditions, c’est la variété odorante du gingembre. Le curcuma est aussi un ingrédient courant dans les recettes traditionnelles d’encens, et d’après mes recherches, c’est une plante qui a souvent remplacé divers galangals. Même aujourd’hui les botanistes ne sont pas d’accord sur les classifications. Le curcuma n’est ni listé ni mentionné par Kikyoko Morita, Suzanne Fisher Rizzi, ou David Pybus dans leurs livres sur l’encens. Ni Baieido ni Shoyeido n’inscrivent le curcuma dans la liste de leurs ingrédients. D’autres encens coréens et japonais utilisent le curcuma. Pour Rizzi, Alpinia galangal et Alpinia officinarum sont classés ensemble et Pybus mentionne A. Officinarum, mais son illustration est soit celle d’ A. galangal (si les couleurs sont correctes) ou Kaempheria galangal.
Ce qui est sûr c’est que les meilleurs magasins de massage utilisent Kaempheria galangal.




















