La lampe de luminothérapie est utilisée dans le traitement du Trouble Affectif Saisonnier (TAS).
Au début des années 80, M. Herb Kern commença à penser que ses fatigues et dépressions chroniques étaient liées par la diminution de l’ensoleillement pendant l’hiver. Il contacta le National Institute for Mental Health (Institut National de la Santé Mentale, aux USA) et fit part de cette observation. Les médecins lui proposèrent alors un traitement dans lequel M. Herb serait exposé à une lumière équivalente aux rayons du soleil. A partir du 4ème jour de traitement, les symptômes avaient pratiquement disparus. C’est ainsi qu’ont débuté les recherches sur les conditions d’apparition de ce que l’on appelle désormais TAS ou plus communément le « Blues de l’hiver ».
Chez tous les mammifères l’envie de dormir est provoquée par la sécrétion d’une hormone appelée mélatonine. Le soir, la glande pinéale réagit à la baisse de la luminosité et produit alors de la mélatonine qui se diffuse dans le corps grâce au sang. Cette mélatonine a la particularité de nous endormir ; elle atteint un pic de sécrétion pendant la nuit. Le matin, la lumière du soleil affecte la glande pinéale, qui réagit alors en arrêtant la production de mélatonine, ce qui nous enlève l’envie de dormir.
Le trouble affectif saisonnier est caractérisé principalement par quatre symptômes :
- Une grande fatigue
- Un manque d’énergie
- Un besoin de sommeil plus important
- Un changement des habitudes nutritionnelles : envies de sucre et de glucides, aboutissant souvent à une prise de poids et à la dépression.
D’autres symptômes sont possibles: anxiété, perte de la libido, difficultés menstruelles et sensibilité à la douleur accrue –maux de tête, douleurs musculaires et articulaires.
Depuis les années 80, si l’on a porté de plus en plus d’intérêt aux TAS, c’est surtout car les lampes de luminothérapie y ont apporté une réponse thérapeutique évidente. La réponse clinique normale à un cas de trouble affectif saisonnier est un traitement aux lampes de luminothérapie (Lam & Levitt 1999). En effet, le traitement du trouble affectif saisonnier est associé à une thérapie par la lumière, ou luminothérapie.
De manière surprenante, les recherches ont montré que les cas de TAS sévères touchent 5-10% des populations vivant 30 degrés au nord ou au sud de l’équateur. De plus, il a été montré que près de 25% de ces populations souffre du syndrome de troubles affectifs saisonniers (ou STAS), qui est une forme plutôt bénigne du TAS. Donc, on peut en conclure qu’environ 30-35% de la population du Royaume-Uni souffre (à différents degrés) de troubles affectifs saisonniers pendant les sombres mois d’hiver.
Avec de telles données, on pourrait croire que le problème du TAS est connu. Pourtant, ce n’est pas le cas. Une des raisons pour expliquer cela est que le Committee of Advertising Practices (CPP , Comité des Pratiques Publicitaires, au Royaume Uni), qui régule les codes publicitaires au Royaume Uni, a déclaré concernant le TAS que « tout était dans la tête ». Ce jugement n’est que le reflet de « leur opinion », et non d’études scientifiques. En effet, le CPP a décidé d’arrêter de faire mention du TAS, dans « l’intérêt général du public ». En d’autres termes, le CPP estime que le public n’est pas prêt à entendre une telle information, et que les personnes non initiées peuvent être portées à croire qu’elles ont un TAS. En effet, on ne peut se fier à la masse, mieux vaut la laisser ignorante !
Cet article n’a pas pour vocation de juger le CPP; celui ci ne fait que son travail. Le CPP a la lourde charge de surveiller tous les media. Il recherche la moindre enfreinte publicitaire, doit informer les publicitaires des lois et doit faire respecter une ligne éthique irréprochable parmi tous ces media gavés de publicités. Tout cela est accompli par 10 personnes….
Toutefois, une étude poussée, qui s’est faite sur les vingt dernières années, a conclu que le TAS a une origine biologique et qu’il est irrémédiablement lié au complexe système hormonal. Ce n’est pas un phénomène psychosocial réservé aux hypocondriaques et aux névrosés.
Déclarer un trouble comme « étant dans la tête » pose un problème : les personnes atteintes ne seront pas en mesure d’avoir la bonne information, le bon diagnostic et le bon traitement. C’est une triste réalité, mais les études universitaires et leurs résultats sont traditionnellement tus pour ne pas informer la communauté médicale. Ceci est particulièrement vrai concernant les troubles qui ne peuvent être diagnostiqués par des symptômes clairs, comme le sont le TAS ou encore le Syndrome de Fatigue Chronique (SFC).
Ce manque de considération peut avoir de graves répercussions sur la santé des gens touchés par le TAS. Ainsi, une étude récente (Kendrick, 2002) a montré que la plupart des consultations des médecins généralistes pendant la période Automne/Hiver concerne des troubles affectifs saisonniers. Toutefois, il a été prouvé que seul un cas de TAS sur 25 est diagnostiqué, et que les personnes touchées par le TAS sont souvent victimes de mauvais diagnostics et leur sont alors prescrit des antidépresseurs pour soigner ce que les médecins croient alors être une dépression (étude Michalak, 2001). Vu que le seul remède à ces troubles est une lampe luminothérapeutique, ces personnes sont mal conseillées et surtout mal soignées.
Le TAS est une réalité et une conséquence de la vie en dehors de notre habitat naturel. En effet, travailler au sein de structures sociales comme un bureau où la lumière naturel ne brille pas aggrave les symptômes du TAS. Malheureusement, l’espèce humaine n’évolue pas assez vite pour pouvoir s’adapter à cette société en manque de lumière. Avec près de 35% de la population du Royaume Uni touchée par des troubles saisonniers, il paraît urgent d’informer les gens sur l’existence d’un tel problème pour pouvoir ainsi permettre aux personnes qui souffrent d’être reconnues.

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