Rencontre avec Céline Schmink, ou la danse bien-être non formatée

par SIMON MUZI COHEN

Alliant danse, gym douce, musique expérimentale, mime et arts visuels lors de ses ateliers et interventions (solos, créations pour événements artistiques, vernissages, lancements, défilés…), Céline Schmink a monté une structure insolite : « Magymdouce ». Elle permet à chacun de mettre son corps « en mouvements », quel que soit son âge et sa condition physique. Cette danseuse ultra-active, ancienne journaliste en bien-être et culture, fusionne gym douce et divertissement pour créer des « lab dance » relaxants, authentiques et surtout… libres ! Rencontre avec une artiste contemporaine novatrice et non-formatée, portée sur l’optimisme.« La vie est une évolution constante. Celui qui reste confiné dans un seul domaine se prive de l’abondance »

Céline Schmink débute ses ateliers en tenue d’échauffement et en grosses chaussettes de laine fluo… Rien à voir avec le cliché de la fragile ballerine… Sa structure, elle l’a fondée par passion et non par nécessité et cela fait, selon ses élèves, toute la différence. Céline présente son premier spectacle de danse à 6 ans… A 8 ans elle est « Carmen » dans un ballet local, un signe peut-être… A 18 ans, elle opte pour un cursus universitaire "Art et Danse". Elle valide son cursus de danse classique à la Sorbonne mais n’envisage alors pas de vivre de la danse, ni même du fitness qui la passionne. Artiste touche-à-tout, elle se forme aux beaux-arts, à la photographie, à la communication, au management et même à la théologie, en France et en Grèce.

« La vie est une évolution constante. Celui qui reste confiné dans un seul domaine se prive de l’abondance»

explique-t-elle.

Addict d’événements culturels, elle signera pour de nombreux magazines (La Vie, Amina, France Soir…), écrira ses livres, préfacera ceux de peintres contemporains comme Savic, de sociologues comme Florence Samson, mais ne décrochera jamais de la danse, ni de la culture physique. « L’esprit et le corps forment un tout indivisible. Il faut pouvoir maîtriser les deux »précise-t-elle. Son porte-bonheur ? Une photo dédicacée par Patrick Dupont lorsqu’elle était enfant, qui ne la quitte jamais…. Elle entretient le rêve (partiellement réalisé à ce jour) de s’installer à la campagne pour y ouvrir un studio de gym douce et de danses « indépendantes ».

En attendant, elle découvre il y a deux ans la Technique Nadeau, une gym douce régénératrice et répétitive venue du Canada, se forme et obtient son diplôme de professeur. Gym douce ou danse, le corps et le mouvement sont ses domaine de prédilection : Technique Nadeau, danse contemporaine, butô, tsifteteli (une danse orientale grecque), massage lomi-lomi, rythment sa vie.

Aujourd’hui, elle donne des cours dans le petit village champenois de Montmirail et sur la Marne (51).

Une petite révolution dansée

Céline organise des cours d’initiation à

la “danse” des émotions

.

« C’est une danse qui naît de l’intérieur, sur des musiques japonaises, zen, ou lunaires et expérimentales. Elle appelle un travail de concentration et de maîtrise de la pensée. La danse se base sur le maintien d’une intention»

explique-t-elle. Et à voir la détente qui règne parmi ses élèves, on devine que « les danses de Céline » sont aussi « anti-stress » que revigorantes ! Parmi les participantes, une ou deux habituées, venues pour l’esprit « Duncan » et « bohème » qui prédomine ici.

« Ce que j’enseigne n’est pas une danse contemporaine. C’est davantage un mix d’art martial, de relaxation et danse expérimentale. Elle s’inspire de l’expression corporelle et parfois de la pensée butoh »

précise-t-elle. Ainsi cette danseuse-prof de gym douce

renouvelle le bien-être et l’art du mouvoir dans un tonique melting pot.

Sur scène, elle démonte joyeusement le mythe chorégraphique, encourageant chacun à « danser avec son cœur et son passé » et à éliminer son « discours intérieur négatif » au profit d’un « voyage libérateur ». Dans les années 70-80, la danse contemporaine française fût influencée par de nouveaux styles. Céline Schmink en retiendra surtout les danses de Pina Bausch et des Ohno, ou la grâce de Jorge Donn. « Les danseurs que j’ai pu connaître dans ma jeunesse dansaient sur les rythmes de groupes expérimentaux aux sons provenant d’objets de la vie courante ou ultra-mélancoliques. C’est en pratiquant la danse dans ces différents milieux que j’ai commencé à danser ce que je nomme la Danse bien-être japonaisequi n’est ni de la danse contemporaine, ni du butoh dans le sens où la musique est là aussi pour apporter une relaxation et une détente dans une ambiance positive. Cette danse n’appartient à personne mais s’attache à traduire les sentiments et le ressenti de chacun par des mouvements tranquilles, empreints d’expressionnisme »précise-t-elle.

Des mouvements simples accessibles à tous

Au-delà de l’improvisation et de la mise en place de chorégraphies nées de « mouvements perçus » et uniques, son apprentissage se nourrit d’optimisme car Céline est

une adepte de la pensée positive

et de l’affirmation d’Intentions positives. Ses cours combinent donc discussions, affirmations, enregistrements vocaux, gestes dansés, postures, marches naturelles, exercices avec ballons, masques, plumes, élastiques, rubans, voiles, maracas, mime et travail sur les expressions du visage et des mains. L’équilibre et son maintien en sont favorisés.

« Ici on se dépense physiquement sans même s’en rendre compte. La danse est faite de contractions et de détentes musculaires, de rapidité et de sérénité, un peu à l’image des challenges et des résignations que nous offre la vie. On abandonne souvent ici de vieux conflits, de vieilles rancœurs. On rentre chez soi plus léger »

ajoute-t-elle.

Le mouvement est simple, sans artifices, rien n’est “surjoué” et tout à un sens. Au final : des chorégraphies et une gestuelle symbolique, presque « rituelle » prenant en compte les racines et la personnalité de chacun.

Aujourd’hui Céline fête sa première année d’installation « au vert » et souffle la première bougie de Magymdouce. Ses projets sont nombreux. Elle compte mettre en place prochainement des apprentissages de Technique Nadeau (mini-groupes de 5 à 8 personnes) sur plusieurs villages de la Marne et y développer ses ateliers de Tsifteteli et Danse Bien-Etre japonaise. Elle met en place un « lab dance » sur la toile et un spectacle sur la « Beat Generation » en association avec deux artistes parisiens. Elle a également monté avec trois amies sa compagnie, Primitive Approach.

Et de conclure : « Cette danse de l’intérieur vous apprend à extérioriser vos émotions, à vous concentrer sur l’essentiel et le juste mouvoir. Chaque atelier est unique. Rien n’y est préconçu. Le cours donne lieu à des photos et à des captations vidéo permettant au participant de voir comment jaillissent ses sentiments face à une idée. Ils l’aident à se concentrer sur une pensée unique. Le temps de la danse, les pensées parasites sont mises de côté, d’où une sensation d’apaisement. Le bien-être est ensuite ressenti pendant de longs jours ».

Cours particuliers et collectifs de « Danse Bien-être japonaise » et de « Technique Nadeau » sur Epernay et sa région (Château-Thierry, Montmirail…) et sur le 93 (Gournay et Noisy-le-Grand). Organisation d’ateliers sur les départements 51, 02, 77. Plus d’informations sur www.magymdouce.comMail :[email protected] Tel : 06 13 03 50 19 Penser positif :www.chercheursdebonheur.comPhotos :Camille Baron